Voyage au bout de la Téranga
August 19, 2009 at 11:44 am Leave a comment
Auteur : Damien
Le week-end passé, Christian et moi avons découvert la Téranga dans toute son étendue. La Téranga, c’est l’hospitalité ici et le surnom du Sénégal, c’est le pays de la Téranga. Christian et moi avons donc accompagné Antoine, mon entrepreneur qui confectionne des chaussures, à Mont-Rolland où il a célébré l’Assomption au sein de sa famille. Il s’agit d’un haut-lieu pour les Catholiques du Sénégal puisque la Vierge Marie y a fait une apparition, et le 15 août donne lieu aux grands rassemblements familiaux.

Le week-end a commencé le vendredi, à vrai dire. En route pour Thiès, 70 km parcourus en 3h et dans 4 véhicules différents. Antoine connaissait du monde dans chaque véhicule, évidemment, puisque la plupart étaient des Dakarois venant se ressourcer au Mont-Rolland auprès de leur famille.

Après la visite d’un cousin de Marie-Thérèse dans une caserne de THiès, nous avons dormi chez Raymond, un ami d’Antoine, à Thiès, le vendredi soir. Enfin, dormi, je l’ai cru trop tôt, car à 2h du matin, Antoine et son ami nous ont invités à « faire les 100 pas ». Mais très vite, nous avons pris un taxi pour nous trouver face au « Palais des arts » dans lequel nous avons apprécié un concert de M’balar. J’étais hagard à l’arrivée, mais quelques pas de danse plus tard bien réveillé. Comme il est rare de voir des toubabs (= blancs) s’essayer à danser sur les rythmes du M’balar, nous avions constamment des yeux et des sourires rivés sur nous. Sans compter les bras qui nous saisissaient pour nous inviter à danser au milieu d’un cercle d’inconnus, bref c’était tout une aventure, très distrayante.

Quelques heures (le pluriel est purement formel…) de sommeil plus tard, nous voilà arrivés à Mont-Rolland, accompagnés de deux amis toubabs rencontrés au Sénégal. La route était magnifique, nous permettant d’observer des baobabs aux troncs géants et d’imaginer des lions dessous. Nous arrivons pour la procession qui rejoint la grotte de la Vierge Marie, au milieu d’une foule de fidèles. Puis c’est la découverte de la famille, soit de quasiment toutes les maisons du village : c’est qu’il est connu, Antoine, ayant fait les 400 coups plus jeune, il a eu affaire à quasiment tout le monde et est aujourd’hui montré comme un exemple. Plein d’ambitions, il a su mettre de l’eau dans son vin de turbulence pour les déployer. Mais hors de question de mélanger le vrai vin et l’eau, en revanche !

Ca y est, nous voilà arrivés dans sa famille à lui, de l’autre côté du village. Nous faisons la rencontre de sa mère, une femme au sourire d’un charme et d’une bonté incroyables. Nous rejoignons le reste de la famille sous l’arbre à palabres et assistons aux discussions familiales, aux soucis éventuels qui se règlent entre deux pas de danses au rythme des tam-tams improvisés : femmes et enfants se donnent à cœur joie, les hommes ont plus de retenue mais nous poussent volontiers à nous lancer, nous les toubabs.

Après une escale au maki où nous descendons quelques Flag (bière locale) en discutant, nous rentrons pour une grosse nuit de sommeil bien méritée… Car le lendemain aussi est éprouvant physiquement. Une chaleur torride règne, et nous passons la journée dehors, chez une famille d’amis d’Antoine, à l’ombre de l’arbre à palabres certes mais à la chaleur du jour malgré tout. Nous assistons cette fois-ci aux promesses de dons pour la célébration de l’année prochaine, au milieu de la centaine de personnes qui constituent la famille. La réunion dure bien 3h, et vers 16-17h nous sommes tous invités à déjeuner, du riz avec du porc, des olives et des oignons. Un délice, même si pas franchement rafraichissant.

La journée se poursuit par le salut de toutes les familles pour amorcer le retour : il était prévu que nous rentrions le dimanche soir, mais les saluts exigeant un certain temps et la crainte d’embouteillages à n’en plus finir nous décident à rester sur place pour la nuit. Christian et moi laissons Antoine profiter de ses amis pendant la nuit et en partons nous reposer un peu : la Téranga est très appréciable, les Sénégalais ont un sens de l’accueil et de l’hospitalité certain. Se faire offrir perpétuellement de quoi manger et de quoi boire, sous la chaleur, exige une condition physique bien aguerrie. Je ne m’étais pas franchement assez préparé et ai flanché, lundi je me trouvais une fièvre dépassant les 39°. Un bon repos et je serai de nouveau d’attaque pour profiter de nouveau pleinement de la Téranga !
Nous voilà de retour à Dakar où nous entamons la dernière ligne droite dans notre travail, entre deux coupures de courant et entre deux orages qui remuent Ciel et Terre. Ce qui nous laisse un peu de temps pour nous reposer et nous remettre d’aplomb ! Merci Antoine pour ce week-end fabuleux, il est à jamais graver dans nos mémoires !

Les Photos ? ici
Entry filed under: le sénégal. Tags: .










Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed